Edito du mois de janvier 2014

Focale-Courte n’est pas mort. A vrai dire, un site dépend toujours de son créateur et plutôt que de parler d’abandon, je préfère employer le terme de remise en question. Comme pour chaque projet naissant, les doutes ont rapidement pris le pas sur l’enthousiasme du début. Si le contenu des articles n’a jamais été remis en cause, l’existence même du site a soulevé quelques questions. Noyé dans la pléthore de plateformes existantes, Focale-Courte est un effort vain, dont le travail est voué à être anéanti par les ogres du secteur. Le problème était donc de savoir si la poursuite de cette aventure avait un quelconque intérêt. Entre les gros sites spécialisés prenant un virage de plus en plus mercantile et les blogs sponsorisés tenus à la gorge par les éditeurs, il devient insensé d’espérer survivre en lançant un projet web de façon conventionnelle, en fonçant tête baissée avec la passion comme unique moteur. C’est pourquoi le site n’a plus les mêmes desseins que lors de son lancement.

En effet, le rythme de publication posait problème. Plutôt que de s’atteler à créer un contenu conséquent, j’ai donc choisi de faire de Focale-Courte un site d’archives, avec des articles publiés sporadiquement. Si d’éventuelles entrevues pourront coller à l’actualité, il n’en sera pas forcément de même pour les papiers plus communs. Le but de Focale-Courte a toujours été de fournir une vision critique du jeu vidéo, quitte à passer par le prisme du cinéma pour y déceler des intentions artistiques. Le marché étant ce qu’il est, les jeux qui nécessitent des explications se font assez rares, la faute à des prises de risque souvent inexistantes. Alors qu’à l’origine, Focale-Courte devait se focaliser sur des œuvres incomprises, je me rends compte que les productions méritant qu’on leur accorde notre attention se font rares. Dans un monde sclérosé où les suites fainéantes se succèdent, il est difficile d’avoir envie d’écrire.

La différence est ici : si Focale-Courte ne mourra pas, je ne me forcerai jamais à écrire pour autant. Abandonnons donc la course aux clics pour créer un site qui, je l’espère, vivra encore quelques temps. L’idée n’est pas tant de changer les mentalités immédiatement que de laisser une trace durable. Evidemment, moins de jeu vidéo veut aussi dire que les critiques de films prendront peut-être un peu plus d’importance. Ce n’est pas un mal puisque, comme il est précisé dans la présentation du site, comprendre les intentions artistiques d’une œuvre s’apparente avant tout à se poser les bonnes questions, qu’il s’agisse de peintures, de films, de jeux vidéo, etc.

Enfin, je tiens à finir cette année 2013 en beauté. Tout d’abord, merci aux personnes qui encouragent le développement de ce projet. Si le contenu des articles n’a jamais suscité débat outre mesure, c’est justement car les retours étaient plutôt positifs. Donc merci à ceux qui parcourent ces lignes, mais aussi à ceux qui ont la gentillesse de suivre cette aventure via Facebook. Aussi, alors que Michael Schumacher se bat pour sa survie, qu’un ôtage français a été miraculeusement libéré tandis que notre cher Président s’apprête à nous adresser ses vœux – en nous promettant monts et merveilles (mais surtout une augmentation de la TVA et du prix de l’électricité, du gaz et des cigarettes), permettez-moi de vous souhaiter une bonne et heureuse année 2014, avec tout ce que cela implique.

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