Game of Thrones porte bien son nom

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Depuis le succès de son Walking Dead en 2012, Telltale Games a fait du chemin, au point de devenir une marque de fabrique à part entière. The Wolf Among Us, la saison 2 de The Walking Dead, Tales from the Borderlands… autant de jeux devenus les fleurons d’un genre à part entière : la série interactive. Quoi de plus normal, finalement, que de voir Games of Throne avoir les faveurs du désormais célèbre studio ?

Dès ses premières minutes, Game of Thrones montre toute l’ingéniosité des développeurs de Telltale. Ainsi, le jeu débute pendant les fameuses « noces pourpres ». A l’extérieur de la bâtisse accueillant le banquet, nous nous retrouvons dans la peau de Garret, un écuyer qui vient tout juste d’être promu pour partir au combat. Hélas, ce dernier remarque rapidement que quelque chose se trame. Si le jeune homme s’en sort, c’est en grande partie grâce à son seigneur mourant, Lord Forrester, compagnon des Stark et qui lui confie une mission d’importance : aller prévenir la Maison Forrester.

On comprend vite que l'intérêt réside dans les nombreux personnages que l'on suit. Vivement les prochains épisodes.

On comprend vite que l’intérêt réside dans les nombreux personnages que l’on suit. Vivement les prochains épisodes.

C’est sans doute la principale différence entre Game of Thrones et les autres succès estampillés Telltale Games. Jusqu’alors, le studio est toujours parvenu à maintenir un souffle vidéoludique dans ses productions. Comment ? En misant tout sur l’écriture et l’une des spécificités du média : l’identification. Ainsi, The Walking Dead et The Wolf Among Us nous plaçait assez brillamment dans la peau d’un seul personnage, limitant ainsi les points de vue pour une immersion totale. A notre grande surprise, Games of Thrones place le joueur au sein d’une famille entière, multipliant les points de vue et se rapprochant encore un peu plus d’une série.

Pourtant – et c’est toute l’intelligence du procédé – Game of Thrones reste justement un jeu vidéo. Grâce à sa qualité d’écriture, le jeu rappelle sans cesse au joueur son statut. L’intérêt n’est pas seulement d’être plongé dans l’univers de la série, mais surtout d’avoir les clés pour comprendre chaque situation. Dans ce sens (et en comparaison d’une œuvre comme The Walking Dead), le jeu ne tient plus tant du simple fait de faire des choix moraux que des réflexions qui les précèdent, découlant justement de la multiplicité des points de vue.

On croise des personnages/acteurs issus de la série de HBO.

On croise des personnages/acteurs issus de la série de HBO.

Ainsi, le joueur se retrouve devant un échiquier lui demandant constamment de prévoir les coups d’un terrible adversaire : la fatalité implacable de l’histoire, similaire à celle des livres ou de la série. Le jeu est d’autant plus prenant que les pièges liés à la narration ou à la réalisation sont subtils. Que faire quand seule la mise en scène d’un dialogue rend un personnage déroutant ? Ou lorsque tel plan salvateur se jouant à l’autre bout de Westeros est susceptible de marché ? Et qu’importe si Game of Thrones conserve quelques défauts propres aux productions du studio (technique au rabais, choix parfois inutilement pressant, etc.) ou s’il se sert à outrance de son statut de spin-off télévisuel, il rappelle avant tout que la notion de ludisme peut autant découler d’une identification à un personnage que du caractère omniscient du joueur.

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