Jojo’s Bizarre Adventure : All-Star Battle, pas si jojo ?

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Avec plus de cent tomes s’étalant sur huit cycles (dont un en cours de publication) et une trentaine d’années, Jojo’s Bizarre Adventure est un monument. Que ce soit pour sa structure narrative, son côté ultra-référencé ou son esthétisme (Hirohiko Araki n’a jamais caché sa fascination pour des créateurs comme Jean-Paul Gauthier), ce manga est encore aujourd’hui considéré comme une œuvre fondatrice. Quinze ans après une adaptation de Capcom sur Arcade, PlayStation et Dreamcast, Cyberconnect2 a la lourde tâche de porter le mythe sur PlayStation 3.

A peine le jeu lancé que la problématique posée par Jojo’s Bizarre Adventure All-Star Battle apparait. Le titre prend un parti aussi ambitieux que casse-gueule : intégrer chacun des huit cycles du manga. Si cela pose problème, c’est parce que les arcs narratifs diffèrent grandement, notamment à partir du manga Stardust Crusaders qui intègre les « stands ». Pour rappel, Jojo’s Bizarre Adventure se concentre sur les péripéties de la famille Joeystar et ses descendants. Chaque série se focalise sur un membre de cette tribu. Dans Stardust Crusaders, cycle le plus connu, Hirohiko Araki centre son récit sur Jotaro Kujo, petit fils de Joseph Joeystar. Pour sauver sa mère, celui-ci doit atteindre Dio, un vilain charismatique se trouvant en Egypte. Toutefois, Dio tente logiquement de lui mettre des bâtons dans les roues en lui envoyant des manieurs de stands. Ces adversaires (mais aussi Jojo ainsi que ses compagnons) disposent tous d’une entité spirituelle attitrée, autrement dit un alter ego se battant à leur place. Si ce point est primordial pour comprendre le jeu dont il est question, c’est parce que ces stands ne sont pas présent dans toutes la saga Jojo.

Esthétiquement, le jeu est une belle réussite.

Esthétiquement, le jeu est une belle réussite.

En jouant la carte du pot-pourri, All-Star Battle prend des risques. Ainsi, le jeu mise de façon relativement absurde sur son contenu. Exit le côté stratégique des combats de Jojo et bonjour l‘exubérance visuelle. Jeu de baston au gameplay s’apparentant aux classiques de la 2D, le titre de CyberConnect2 met en avant une esthétique léchée, hommage aux dessins de Hirohiko Araki. Passé cette surprise qui n’en est pas vraiment une (c’est quand même la moindre des choses d’offrir une plastique en adéquation avec le matériel d’origine), le jeu se révèle très classique. Certes, All-Star Battle intègre les différentes caractéristiques des sagas (Jotaro Kujo se bat évidemment avec son stand Star Platinum tandis que des protagonistes de Steel Ball Run combattent avec leurs chevaux), mais dans les faits tout a été homogénéisé. Un constat logique met qui demeure regrettable : les chevaux montés dans Steel Ball Run se dirigent comme n’importe quel balourd de jeu de baston 2D, quand les personnages munis d’un stand semblent bénéficier d’une portée étonnamment restreinte au regard du manga.

Petit détail : pour des questions de droits, les noms de certains protagonistes ont été modifiés pour cette version française.

Petit détail : pour des questions de droits, les noms de certains protagonistes ont été modifiés pour cette version française.

Heureusement, certaines subtilités sont présentes. Un cavalier peut perdre sa monture et la récupérer à l’aide de « l’attaque spéciale fabuleuse » : les dégâts infligés et reçus remplissent une jauge qui, une fos chargée, permet de déclencher une attaque dévastatrice. De même, la présence de décors relativement interactifs, la possibilité d’esquiver les coups en se décalant ou l’intérêt des provocations (qui abaissent la jauge adverse) apportent du dynamisme aux affrontements. Jojo’s Bizarre Adventure All-Star Battle fait donc le job, mais peine hélas à sublimer matériel d’origine. Car en voulant créer une sorte de best-of, CyberConnect2 fait d’énormes concessions. Bien que le titre propose une trentaine de combatants, le studio japonais a sacrifié une bonne partie des personnages présents dans l’œuvre d’origine. Le besoin d‘homogénéité a rendu caduc tous les protagonistes aux stands démesurés ou sortant de l’ordinaire. Cela pose problème dans la mesure où ces combats font également le sel de Jojo ; et la démesure et l’aspect tactique de la plupart des affrontements sont ici inexistants. Au final, s’il demeure un bon jeu de baston, Jojo’s Bizarre Adventure All-Star Battle peine à retranscrire l’exaltation présente en lisant le manga. Peut-être qu’un titre plus ouvert et orienté vers l’action aurait pu changer la donne.

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