Le Monde Fantastique d’Oz, un voyage inattendu et réussi

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A la fois préquelle et prolongation (par les intentions) du Magicien d’Oz de 1939, Le Monde Fantastique d’Oz invite à un voyage fait de fées et de sorcières. Rien de plus normal pour Sam Raimi, spécialiste des énergumènes au nez crochu.

Le Monde Fantastique d’Oz se déroule en 1905, bien avant le classique de 1939. Oscar « Oz » Diggs est au Kansas où il officie en tant que magicien. Charlatan serait un mot plus approprié pour cet homme aussi cupide que lâche. C’est après un tour de magie ayant tourné au vinaigre, la faute à une jeune fille lui demandant de guérir ses jambes, qu’il rencontre son ex-compagne venue lui annoncer son mariage. Un coup de tonnerre dans la tête du magicien qui se voit dans l’obligation de fuir la colère des gens dans une montgolfière. Pris dans une tornade, le héros atterrit dans un monde merveilleux qui n’attendait qu’un roi : lui-même. S’il est important d’aborder l’histoire en détail, c’est parce qu’elle est plus subtile qu’il n’y paraît. Au début du film, Oz subit un revers cuisant, aussi bien sur le plan professionnel que sentimental. Comme il l’avoue, il n’a jamais réussi à devenir l’homme extraordinaire qu’il rêve d’être. Ainsi, son voyage au sein d’un monde fantastique peut être vu comme un conte de fée, un doux rêves ou, plus macabre, la vie après la mort. A l’instar de ce qui se passe dans Le Magicien d’Oz, chaque personnage présent au Kansas se voit être transposé dans « l’autre monde » où tout est enjolivé. Par exemple Michelle Williams, qui joue l’ex-copine d’Oscar, tient aussi le rôle de la bonne fée à laquelle il s’attache.

Le Monde Fantastique d’Oz ne se résume pourtant pas à la simple confrontation du réel au fantasme et se révèle surtout être, tel le film d’antan, une extraordinaire quête initiatique. Alors qu’Oz est dans la nacelle de sa montgolfière, en pleine tornade, celle-ci est transpercée de toutes parts. Une survie diaboliquement mise en scène, comparable à un tour de magie et qui annonce le revirement spectaculaire que va subir le personnage. Un changement de psychologie qui, soit dit en passant, a plutôt valeur d’acceptation de soi : Oz devient meilleur, mettant ses farces et attrapes au service des autres et découvrant une bonté intérieure qui, comme le souligne la jolie Michelle Williams, a toujours été présente en lui. De ce fait, le discours rejoint celui du Magicien d’Oz, à la fin duquel Oscar, toujours bonimenteur, se contentait d’apprendre aux personnages en quête d’eux-mêmes à se découvrir. La morale du Monde Fantastique d’Oz est identique à celle de son ancêtre, et Sam Raimi a réussi à extraire l’essence de ce dernier pour livrer une préquelle tout-à-fait cohérente.

Une réussite qui passe par l’écriture et la mise en scène, mais aussi par des thématiques discrètes et un attachement particulier au spectacle. Si Le Magicien d’Oz jouait sur l’utilisation du technicolor trichrome, proposant une introduction en sépia puis un monde enchanteur et coloré, Le Monde Fantastique d’Oz va jusqu’à retracer sommairement l’histoire du cinéma. Entre son introduction en noir et blanc au format 1.33, le basculement en cinémascope ultra coloré, les références à Thomas Edison, le clin d’œil aux lunettes 3D ou le final fait d’effets visuels spectaculaires, le long-métrage de Sam Raimi est une ode au septième art et à la notion de spectacle, également présente dans le héros malicieusement interprété par James Franco. La magie du cinéma, ici mise en évidence, n’a que rarement aussi bien fonctionné. A croire que cette collaboration entre Disney, Raimi et Danny Elfman (aux musiques) avait tout pour convaincre. Chapeau!

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