Pacific Rim, le film-monstre de l’été

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Avec ses monstres et robots gigantesques, difficile de ne pas voir en Pacific Rim une influence japonaise. Que ce soit à travers le cinéma, l’animation ou la bande dessinée, les Kaijûs (forces de la nature faisant office de punition pour l’Homme) font partie de l’imaginaire japonais. Un attrait dû à un événement : les bombardements nucléaires de 1945 et leur impact sur la vie nipponne. Production américaine réalisée par Guillermo Del Toro, Pacific Rim alterne entre maladresse et brio.

Alors que tout le monde craignait la présence d’extraterrestres dans l’univers, la Terre s’est menée à sa perte : suite aux méfaits écologiques de l’Hommes, des Kaijûs sortent des entrailles de la planète et s’attaquent à l’humanité. Pour se défendre, celle-ci a trouvé une solution plutôt efficace, des Jaegers, de gigantesques robots pilotés par deux individus. C’est lors d’un affrontement que Raleigh Becket perd son copilote de frère. Cinq ans plus tard, alors que l’utilisation des Jaegers est remise en cause, Becket reprend du service et se voit attribuer une nouvelle équipière : une belle japonaise nommée Mako.

Si le pitch, efficace, évoque des œuvres japonaises comme Neon Genesis Evangelion (les Kaijûs rappellent l’utilisation théologique des « anges » de Hideaki Anno), Pacific Rim se tourne rapidement vers son idéologie américaine. Quand les japonais font des robots, armes et armures des entités récompensant leurs possesseurs comme pour symboliser un apprentissage, les Jaegers de Pacific Rim ne sont que monstres de métal. Pour retrouver le discours pacifiste présent dans la culture japonaise, on aurait pu penser se tourner vers le titre du film, supposant que l’action se passe dans le pacifique (lieu symbolique puisque situé entre deux belligérants de la secondes guerre mondiale). Si c’est bel et bien le cas, et s’il est intéressant de voir que le sauveur de l‘humanité est piloté par un américain et une japonaise, le discours écologiste (les Kaijus sont la résultante de la négligence de l’Homme) est malmené par la fin du film. Ici, le nucléaire est autant la cause que la solution. Et si l’analogie aurait pu être compréhensible en tant que dernière mesure néfaste pour la planète, il n’en est rien : les explosions finales n’ont aucun impact sur l’environnement.

Malgré cela, Pacific Rim demeure fascinant. A l’image de son personnage féminin, enfermée dans un titan d’acier mais obnubilé par sa quête vengeresse de petite fille, Pacific Rim alterne entre la petitesse et la démesure. Dans ces moments, le long métrage ne tient pas tant des films de monstres que d’une série comme Gurren Lagann (commençant par une tête robotisé pour se finir par des combats à coups de galaxie). Cet excès, Guillermo Del Toro le filme avec brio. Plus que l’esthétisme (pourtant irréprochable), c’est la mise en scène qui impressionne. Alors que, de prime abord, les plans serrés sur les robots nuisent à la lisibilité des scènes d’action, ils confèrent une impression titanesque surprenante. Contrairement aux Transformers de Michael Bay, les robots sont rarement filmés en plan large, donnant l’impression d’être si gigantesque qu’ils ne peuvent rentrer dans le cadre. Clin d’œil à cette démesure : ce moment où un garçon ramasse un jouet robotisé qu’il qualifie de futile, avant d’apercevoir un Jaeger avec émerveillement. Une scène qui trouve écho plusieurs fois dans le film, qu’il s’agisse d’un boulier posé dans les bureaux d’un immeuble lors d’un affrontement colossale, ou de poissons présents au premier plan lors du combat final.

C’est de cette outrance, accentuée par la structure narrative (les Jaegers combattent un Kaijû, puis deux, puis trois…), que vient la virtuosité du film. Un plaisir primaire qui n’est pas sans rappeler le Man of Steel de Zack Snyder. Quand l’Américain expédie Clark Kent pour filmer un Superman christique, Guillermo Del Toro pousse à l’admiration de ses colosses métalliques. Dans les deux cas, un sentiment commun : celui d’avoir affaire à deux réalisateurs réalisant leurs rêves d’enfants. Quand Snyder joue avec sa figurine de Superman, le réalisateur mexicain s’amuse avec ses robots et monstres gigantesques. A ceci près que, contrairement à Man of Steel, Paific Rim a la bonne idée de ne pas massacrer une mythologie préexistante. Quel dommage, tout de même, que le discours soit quelque peu bancal. Un film non dénué de talent, bien au contraire, mais qui aurait mérité un fond plus travaillé. Simplement jouissif.

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