Strider, du passé au présent

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En Europe, Strider est loin d’avoir l’aura qu’on lui connaît au pays du soleil levant : principalement cantonnée à des compilations de jeu Capcom, la série est surtout connue des fans d’import. Malgré cela, la popularité de la licence outre-Atlantique et au Japon a permis l’existence du reboot dont il est question aujourd’hui. Sobrement intitulé Strider, ce dernier est disponible en téléchargement et a toutes les chances de lancer la série en Europe.

Sorti en 1989, Strider a surpris son monde grâce à son approche de la verticalité. Un peu à la manière de Bionic Commando, Capcom permettait à son héros (Hiryu) de s’accrocher au plafond et aux parois. En effet, rien n’est impossible pour ce ninja, et le reboot d’aujourd’hui reprend l’idée caractéristique de la série. Nous faisant parcourir une ville-forteresse afin d’éliminer un tyran et ses sbire, Strider est un hommage moderne au jeu d’antan. Ainsi, il se joue toujours en vue de profil et surprend par l’abondance des mécaniques de gameplay. En plus de pouvoir courir, glisser, s’accrocher au mur ou donner des coups d’épée, notre ninja peut également envoyer des kunais, se propulser en l’air ou assigner des propriétés à ses armes (glaciation des ennemis, explosions, etc.).

Vue de profil, écharpe rouge, gameplay exigeant, musiques remixées... Strider conserve en partie son charme.

Vue de profil, écharpe rouge, gameplay exigeant, musiques remixées… Strider conserve en partie son charme.

Bien conscient que l’industrie ludique est différente de ce qu’elle était dans les années 80 et 90, Double Helix Games a su adopter les codes actuels. Pour acquérir tel ou tel pouvoir, Hiryu traverse la forteresse comme un Belmont parcourt le château de Dracula. Ainsi, chaque compétence obtenue permet, par la suite, d’explorer de nouvelles portions de l’environnement. Un point qui permet de se rendre compte de l’ingéniosité du level design et de la difficulté relative du titre : si des checkpoints sont présents, la sauvegarde automatique nécessite de passer par des salles précises. En difficile, les morts sont nombreuses et il n’est pas rare de devoir se retaper des zones corsées une dizaine de fois.

Les affrontements contre les boss nécessitent des stratégies appropriées.

Les affrontements contre les boss nécessitent des stratégies appropriées.

S’il reprend l’histoire anecdotique du jeu d‘origine, ce reboot brille par la nervosité de son gameplay. Bien aidée (sur next-gen) par un framerate de 60 images/seconde et des effets visuels plutôt jolis, Strider est un jeu frénétique. Les développeurs ne s’en cachent pas : ils se sont inspirés de remakes assez récents (à l’instar du Shadow Complex sorti en 2009). Dernier point d’importance, la durée de vie du titre n’a rien à voir avec celle de l’épisode d’origine. En réalité, si le studio a opté pour un level design inspiré de Castlevania, c’est avant tout pour coller aux attentes d’aujourd’hui : comptez une dizaine d’heures pour explorer les environnements de fond en comble, ce qui est bien plus que les jeux d’action des années 90.

Au final, Strider est une excellente surprise. Ressuscitant une série méconnue du public européen, Double Helix Games est parvenu à transposer l’expérience d’antan en lui conférant une modernité bien sentie. Possédant un côté oldschool indéniable, le titre parviendra notamment à convaincre les joueurs en quête de challenge.

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