The Avengers, les Vengeurs de l’Amérique

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Même s’ils font partie de l’imaginaire collectif, les super-héros sont avant tout le reflet de l’idéologie américaine, à la fois patriotique et sécuritaire. A ce titre, The Avengers fait office de quintessence, un fantasme utopique qui consisterait à constituer une faction de surhommes pour défendre le peuple. Et quand la machine hollywoodienne décide de propager la bonne parole, cela donne un résultat plutôt probant.

Pour rappel, les Etats-Unis sont nés de la fuite des Dissidents Anglais persécutés par l’Eglise. Pour ces personnes, l’Amérique a eu valeur de Terre Promise de laquelle découle la plupart des fondements de pays. Expansion des frontières, priorité sécuritaire, attirance et peur de l’autre… Autant de thèmes qui, depuis des décennies, se retrouvent dans l’art américain. Evidemment, le cinéma n’échappe pas à la règle et The Avengers fait office de totem à ranger à côté de films comme Rocky, Rambo ou L’Inspecteur Harry. Dès le début du film, Loki, demi-frère machiavélique de Thor au royaume d’Asgard, s’introduit sur le sol américain pour voler une source d’énergie du nom de tesseracte. Cet intrusion s’apparente, au fond, à une autre : celle du terrorisme, thème omniprésent (ou presque) dans le cinéma américain depuis le 11 septembre. Dès lors, il peut paraitre logique de comparer Loki à celui qui a été, pendant 10 ans, le plus grand ennemi des Etats-Unis : Ben Laden. Un point qui est d’ailleurs explicité dans une scène se déroulant en Allemagne, lors de laquelle Loki tente littéralement de mettre l’occident à genoux. « Des gens comme vous, il en existe de nombreux », lui répond alors un citoyen. Si cela est intéressant, c’est parce que le concept du film et son titre (que l’on peut traduire par Les Vengeurs) prennent ici tout leur sens.

Finalement, The Avengers n’est rien de moins que la punition de l’oppresseur. Qu’il s’agisse de Thor, d’Iron Man, de Hulk ou encore de Captain America, chacun reflète une forme de puissance (industrielle, brute et militaire) plus ou moins patriotique. C’est d’ailleurs l’occasion d’une scène plutôt cocasse, dans laquelle Captain America demande si son costume est toujours d’actualité en 2012. Ce à quoi on lui répond très clairement, en lui disant que, en ces temps difficiles, « les gens ont besoin de nostalgie ». C’est la raison d’être de The Avengers : redonner foi en le mythe américain à travers un fantasme démesuré, s’apparentant à une réécriture de l’histoire. Car la comparaison avec le 11 septembre prend corps au fil du film, comme lorsqu’Iron Man détourne le missile se dirigeant vers la tour Stark, symbole économique du pays, ou quand Hulk terrasse Loki avec une force terrifiante. C’est à travers la démesure de ces scènes que The Avengers procure un sentiment de jouissance. Un plaisir primaire, aussi brut que les surhommes cherchant à protéger le peuple.

Evidemment, tout cela ne serait rien sans des intentions cinématographiques. Si l’on regrette que le film entre directement dans le vif du sujet, sans passer par la case introduction, on salue la qualité d’écriture et le dynamisme de l’ensemble. Malgré une seconde moitié presque uniquement constituée d’action, The Avengers parvient à maintenir le spectateur en haleine, grâce à des punchlines bien senties, une impression de chaos omniprésente et, surtout, une caméra ultra mobile. Couplée au montage dynamique, la mise en scène reflète aussi bien la toute-puissance des super-héros que leur aisance à se mouvoir sur terre comme dans les airs. Notons, en particulier, un formidable plan séquence présentant chaque personnage lors d’une séquence d’action dantesque. De même, les tensions présentes sur l’héliporteur sont l’occasion d’entrevoir une mise en scène plus intéressante que dans d’autres produits du genre. The Avengers n’est donc pas seulement un film d’action jouissif, mais aussi un film pétri d’intentions filmiques. On n’en n’attendait pas tant.

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