Far Cry 3 : Blood Dragon, hommage d’Ubisoft à l’Amérique décomplexée

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Quelques mois après le succès de Far Cry 3, Ubisoft sort un stand-alone intitulé Blood Dragon. Alors que Far Cry 3 traitait implicitement de l’Amérique, Blood Dragon est beaucoup plus rentre-dedans. Nouveau titre, nouvelle diégèse : le joueur incarne le sergent Rex Colt, un super-soldat cybernétique tout droit issu des années 80. Dinosaures fluorescents, synthétiseurs qui tâchent, éclaires embrasant le ciel rosée… le ton est donné. Welcome in the Jungle.

A la fin du XXème siècle, alors qu’une guerre nucléaire fait rage entre l’Amérique et la Russie, Rex Colt est envoyé sur une île qui catalyse les enjeux politiques. En plus de voir un ami se faire tuer sous ses yeux, il apprend que le Capitaine Sloan est passé du côté de l’ennemi, ce dernier prévoyant de lancer un missile afin de ramener le monde à l’ère de la préhistoire. Pour ce faire, rien de mieux que des dragons transgéniques qui tirent des lasers avec leurs gueules. Ces gosses bêbêtes constituent la grosse nouveauté de cet épisode, celle de laquelle découlent les principaux ajouts de gameplay. Comme dans Far Cry 3, le joueur peut libérer des garnisons en éliminant des ennemis à des points stratégiques. Barricadés dans des complexes scientifiques, ces derniers peuvent être tués de manière plus ou moins subtile. En tant que prédateur, Rex peut aussi bien foncer dans le tas qu’éliminer ses opposants un à un… pour mieux arracher leurs cœurs cybernétiques. Ces organes ont un drôle d’importance : les lancer attire les dragons de sang, permettant de faire le ménage dans les troupes ennemies.

Une fois le jeu parcouru de fond en comble (compter une dizaine d'heures), les dragons de sang ne vous feront plus peur.

Une fois le jeu parcouru de fond en comble (compter une dizaine d’heures), les dragons de sang ne vous feront plus peur.

Comme les autres volets de la série, Far Cry 3 : Blood Dragon est un jeu de prédateurs. La recette est pour ainsi dire poussée à l’extrême : Rex, prédateur robotisé et terriblement américain, fait lui-même appelle à des prédateurs pour s’occuper des troupes de l’Omega Force. Symbole de l’orientation bourrine du titre, Rex ne craint plus les chutes et le système d’expérience de Far Cry 3 a été simplifié. Désormais, les niveaux s’accumulent et les compétences s’acquièrent automatiquement, évitant toute réflexion dans la confection de son héros. De même, la structure du jeu empêche tout ennui. Représentées par des faisceaux s’élevant dans le ciel, les garnisons peuvent être repérées sans passer par la carte. Pour leurs parts, les missions annexes se résument à assassiner des proies, libérer des otages en s’infiltrant ici et là, mais aussi trouver des téléviseurs cathodique et autres VHS.

L'ambiance est au rendez-vous. A noter que, dans sa version anglaise, Rex est doublé par Michael Biehn, acteur emblématique des années 80.

L’ambiance est au rendez-vous. A noter que, dans sa version anglaise, Rex est doublé par Michael Biehn, acteur emblématique des années 80.

Car Blood Dragon vaut surtout le détour pour son background très travaillé. Les références aux années 80 sont nombreuses, qu’il s’agisse de la mise en scène des cinématiques (rappelant les jeux 16 bits) ou des références aux grands films des années Reagan. Entre une poignée de main musclée façon Predator, le revolver et les bruits de pas de Robocop, ou encore un entrainement digne de Rocky, difficile de ne pas voir en Blood Dragon un gloubi-boulga et une madeleine de Proust. Ajoutons des musiques façon eighties et un héros méchamment burné (qui balance dix punchlines à la minute), et on obtient, en plus d’un jeu ultra référencé, une œuvre singulière et réellement drôle. Blood Dragon est donc avant tout intéressant à observer en tant que projet. Finalement, ce stand-alone se sert des bases de la série pour livrer une œuvre libérée, uniquement basée sur deux notions : celles de prédateur et d’Amérique. Quand Far Cry 3 parlait du capitalisme, Blood Dragon se moque de son apogée. Une réussite ludique mais surtout artistique, pour un divertissement digne d’une bonne disquette.

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