Thor : Le Monde des Ténèbres, film impuissant ?

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Dans la pléthore de longs métrages adaptés de l’univers Marvel, Thor a eu le rôle du vilain petit canard. Pourtant, il était légitime de s’attendre à un film réussi, ce dernier étant réalisé par le shakespearien Kenneth Brannagh – auquel le monde d’Asgard aurait pu convenir à merveille. Hélas, il n’en a rien été, au point que Brannagh s’est retiré de sa suite pour se cantonner au rôle de producteur. Cela change-t-il quelque chose ?

Thor : Le Monde des Ténèbres, fait directement suite à The Avengers. Alors que Loki et emprisonné dans les cachots d’Asgard, une énergie maléfique s’apprête à rendre souverains les Elfes Noirs. Manque de bol pour ces derniers : le fluide nécessaire à leur retour est détenu par Jane Foster, l’amour de Thor qui comme d’habitude a été un peu trop curieux. Malheureusement pour eux, les Elfes n’ont qu’un temps limité pour récupérer leur dû puisque le processus implique un alignement précis des neufs mondes. Cet alignement, c’est peut-être la seule idée véritablement intéressante du film ; et on se rend rapidement compte que cet épisode n’est affaire que de perspective et de convergence des êtres. Car si les mondes s’alignent pour coïncider, il en va de même pour les personnages. Ainsi, Thor retrouve à la fois sa bien-aimée et son frère (étrangement prêt à lui tenir main forte).

Etonnamment, Thor : Le Monde des Ténèbres a donc des thématiques solides, qui se prêtent plutôt bien à l’exercice de mis en scène. Hélas, le résultat final n’est pas à la hauteur et le film se contente trop souvent de platement illustrer l’histoire. Il est particulièrement dommage que Le Monde des Ténèbres ne tire pas profit de cette idée de convergence et d’illusion générale qui l’accompagne (l’action repose en partie sur des vortex et des failles spatio-temporelles). On regrette notamment que les champs-contrechamps soient si dépourvus de sens, alors qu’il s’agissait peut-être du meilleur outil pour illustrer le propos du film et l’aspect factice de l’histoire.

Mais plus que ça, le long métrage laisse le sentiment d’un peine-à-jouir, surtout à la vue des dernières productions Marvel. Moins ennuyeux et plus rythmé que son prédécesseur, Thor : Le Monde des Ténèbres n’en reste pas moins terriblement mou, tant par ses rebondissements convenus que par ses scènes d’action. A l’instar du premier volet, les séquences sur Terre manquent d’intérêt et virent à la comédie facile, la faute à des acteurs secondaires et des dialoguent qui tirent le film vers le bas. Après un The Avengers spectaculaire et un Iron Man 3 à l’action convaincante, Thor semble bien insipide. Contrairement aux péripéties de Tony Stark, aucune émotion et aucune démesure ne sont de la partie. Un comble pour un film de super-héros censé donner des frissons. Entre sa réalisation qui manque d’envergure et la caractérisation maladroite des personnages, on finit par se demander si Thor n’est pas condamné à subir les foudres d’Hollywood. Ce n’est pas faute d’avoir un budget conséquent.

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